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1. La QVCT est-elle réellement inclusive ?
Les démarches de qualité de vie et des conditions de travail occupent désormais une place centrale dans les politiques de prévention et de transformation des organisations. Pourtant, une question demeure rarement posée : une démarche QVCT peut-elle être considérée comme réussie si elle améliore globalement les conditions de travail, mais laisse de côté une partie des personnes qui composent le collectif de travail ?
L’allongement des carrières, la diversification des parcours professionnels, l’arrivée de nouvelles générations, le développement des maladies chroniques, les enjeux de santé mentale ou encore les mobilités professionnelles conduisent aujourd’hui les employeurs à composer avec une diversité croissante de situations. Un même collectif réunit ainsi des jeunes qui débutent, des salariés expérimentés, des personnes dont l’état de santé évolue, des personnes de retour d’arrêt ou engagées dans un parcours d’insertion. En 2025, 61,7 % des 55-64 ans occupent un emploi, un niveau historique [1], et un actif sur cinq est aidant, un sur quatre en 2030 [2]. Dans ce contexte, la QVCT ne peut plus être uniquement appréciée à travers des indicateurs moyens de satisfaction, de climat social ou d’engagement : un indicateur global dit comment le collectif va en moyenne, il ne dit pas comment chacun y trouve sa place. Elle interroge aussi la capacité des organisations à accueillir et accompagner durablement des trajectoires professionnelles variées.
Les situations qui semblent particulières sont à cet égard très instructives. Les difficultés rencontrées lors d’une prise de poste, d’un retour après un arrêt, d’une transition professionnelle, d’un parcours d’insertion ou face à une évolution de l’état de santé mettent fréquemment en lumière des enjeux plus larges : qualité de l’intégration, clarté des consignes, transmission des savoirs, coopération entre acteurs, marges de manœuvre ou possibilités de dialogue sur le travail. Ces situations ne concernent donc pas uniquement les personnes directement exposées ; elles éclairent la qualité du travail pour l’ensemble du collectif.
Cette lecture invite à déplacer le regard. La question n’est plus seulement de savoir comment adapter ponctuellement une organisation à certaines personnes, mais comment construire des environnements de travail capables d’accueillir la diversité des expériences, des compétences, des âges, des états de santé et des parcours. Une organisation inclusive est avant tout une organisation qui permet à chacun de contribuer, d’apprendre, de coopérer et d’évoluer dans des conditions soutenables.
Lorsqu’une organisation y parvient, elle renforce sa capacité à anticiper les évolutions de santé, à prévenir les ruptures de parcours, à préserver les compétences et à accompagner les transformations. Les organisations qui s’interrogent ainsi sur leur capacité d’accueil constatent d’ailleurs souvent que les ajustements conçus pour répondre à certains besoins spécifiques améliorent aussi les conditions de travail du plus grand nombre. Reste à comprendre comment cela fonctionne concrètement : c’est l’objet de l’article suivant.
[1] Dares, « Les seniors sur le marché du travail en 2025 », Dares Résultats, n° 34, juillet 2026 (Insee, enquête Emploi 2025).
[2] Anact, « Salariés-aidants : cinq choses à savoir pour faciliter leur vie professionnelle », actualité du 6 octobre 2026, anact.fr.
POUR ALLER PLUS LOIN
Pour approfondir ces pistes, trois plaquettes sont disponibles :
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Agnès RIGAUDIÈRE-RÉAL
Consultante en politiques d’inclusion, handicap, santé au travail et qualité de vie au travail (QVCT)
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